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Ecologie Corporelle - Page 2

  • le corps propre....

    Le corps c’est tout ce qu’on EST quand on débarque sur terre : l’ame l’esprit l’intellect la conscience sont « produits » par le corps.

     On n’a pas su comment pendant longtemps parce qu’il parait plus simple de fouiller le monde extérieur, ce dernier étant immédiatement perceptible par  cinq sens,  appelés pour cette bonne raison « extéroceptifs ».  Le monde extérieur  entre ainsi en nous, par les yeux le nez la bouche les oreilles et tous les pores de la peau.

    La loi du marché surtout depuis les dérégulations de 1990 règne en maitre, les rapports humains sont  réifiés cela veut dire qu’ils ne répondent plus qu’aux seules lois du marché des consommables : les états d’âme sont évacués.  Mais le pire c’est que cette déshumanisation n’a été possible que parce qu’autant d’individus ont fermés les yeux, l’ont acceptée, pire ils la reproduisent et s’aliènent eux mêmes,  ils se font souffrir en accusant les autres,   ils ont oublié jusqu'à leur existence par paresse d’aller chercher le comment et le pourquoi !

    la proprioception

    Comment je sais que je suis là que c’est moi et pas un autre,  que c’est toujours MOI  quand je marche dans la rue, que j’achète une baguette ou quand je m’asseois devant un ordinateur... ?

     

    Le sentiment d’UNITE premier est possible que parce que je ressens mes contours, et je ressens aussi l’intérieur de ces contours : il y a des capteurs proprioceptifs sur tous les muscles, sous la peau dans les articulations qui permettent de sentir à chaque seconde le degré de tension musculaire (tonus) ainsi que la position de mon corps dans l’espace grace entre autre à la pression sur ma peau :  ainsi  je sens en même temps ce qui est dedans et ce qui est dehors, condition nécessaire à la construction  d’ une  idée finie de moi-même, l’idée surtout que je suis une seule et même personne en toute situation.

    Il y a donc le ressenti interne proprioceptif pour équilibrer le ressenti externe rapporté par les cinq sens et simultanément réflexion,  analyse, identification rangement bref travail de pensée sur ce ressenti c’est à dire élaboration d’une « image mentale » ou plus exactement d’un réseau d’images mentales.

    Le travail  de pensée est simultané de l’acte perceptif : pour en parler expliquer  je suis obligée d’utiliser des termes qui séparent le ressenti de la pensée or cela se révèle une erreur car les  deux choses n’ont jamais lieu séparément.

    FONDEMENTS THEORIQUES.pdf

    Il faut bien comprendre que le sentiment de soi que j’ai appelé  sentiment d’unité premier n’est jamais « neutre » il est toujours rattaché à un sens,  une couleur,  une saveur donnée par les Autres et l’environnement :le  « je suis quelqu’un » ne fonctionne pas « tout seul »,  c’est je suis quelqu’un de lent rude, vif, pas terrible ou jaune, noir,  blanc avec tous les réseaux de signifiants rattachés au fait d’avoir une couleur de peau  en un lieu et un temps donné !  

    C’est  ainsi d’ailleurs que  la culture d’une époque s’enracine dans le processus même de formation du sentiment de SOI...

    Il n’y a guère que  pour les bébés qu’on peut imaginer que le sentiment d’être UN recouvre entièrement le physicobiologique, mais là encore on fait une erreur, parce que  c’est dans les « manipulations » des adultes sur lui que le bébé développe et exerce ses sens (proprioceptifs et extéroceptifs ) or ces manipulations portent la trace culturelle de l’environnement dans lesquelles elles se tiennent... inscrites en profondeur dans le tonus postural du responsable « éducatif » .  Comment je porte le bébé comment je l’habille le touche le masse ou le  bouscule sont des manières de décliner la culture d’une époque....

    Finalement, le système proprioceptif  fonctionne comme « mélangeur » intégrateur des tous les « moi » différents  que renvoient les individus qui me « touchent » . Sans ce système je développerais une sensation  de morcellement de moi-même sur laquelle je ne pourrai rien construire de stable de solide.... Je passerai mon temps à m’observer devenir sans cesse quelque « chose » que je ne pourrai jamais réellement définir, je ne pourrai  pas me créer!

    Et si je ne peux pas ME créer alors je ne peux rien créer !

     

     

    Il serait temps de développer toutes ces  capacités « proprioceptives »  !

     

     

     

  • Massons nous les uns les autres

    Il est grand temps  de ramener la connaissance conceptuelle du monde à proximité de soi : c’est la quête de l’ordinaire et cela n’a rien d’aisé c’est même la chose la plus difficile qui soit même si (ou parce que...) elle est à portée de main ....  

     Or tout le monde a des mains   :)

    Une  idée importante née des expériences de 68 ne cesse d’être confirmée par le quotidien  et par les travaux les plus récents de nombreuses disciplines : l’idée que toute pensée passe par le corps,  sans corps pas de pensée....

          C’est dans cette idée là que travaillent les agents d’ECER , la formation qu’il sont en train d’élaborer s’adresse  au  corps non seulement comme un « corps à vivre » mais aussi comme un « corps à penser ».  Et que cela fait du bien de sortir enfin du dualisme !  Cela permet de renouveler  la réflexion sur le corps  et ce  de manière enrichissante  voire même révolutionnaire...  C’est pile ce dont nous avons besoin  au moment  où chacun prend conscience de son enfermement dans un système institutionnel verrouillé, qui limite d’autant l’expansion du « corps à penser » !

    Mais  venons en au « corps à masser »

    Le massage comme outil de prise de conscience interactif !

     l’acte en lui-même contient tout.. silencieusement

    1.     C’est un moyen de se reconnecter à  son corps propre, le corps  quotidien

      2. C’est un acte citoyen. Une façon de proposer un service qui n’est pas uniquement consumériste mais qui met les protagonistes dans une situation d’expérience et d’échange.

    Echange d’ une expérience partagée avec les gens de la rue, le massage est en public..c’est à la fois une garantie et un défi,  garantie contre l’effraction, défi de se permettre enfin dix minutes de bien être au vu et au su de tous. (voilà qui ressemble presque à de la résistance ! )

    Les agents anti stress s’installent sans annonce et publicité au cœur d’un lieu fréquenté par le tout venant : ils investissent le quotidien, la rue et créent l’inattendu en permettant aux personnes de sortir de certaines habitudes  pour  réveiller une part d’eux-mêmes essentielle dans la construction de leur  identité complète.

    De Decontraction à la française à Ecologie Corporelle et relationnelle

    Une association parisienne revendique la paternité de "l'idée" massage de rue, il s'agit de  "décontraction à la Française" créée par (il se nomme lui-même ainsi ) le citoyen Tchouk à la contrescarpe.

    Le massage de rue est né après mai 68 aux Etats Unis, mais pour autant il n'est pas estampillé anglo saxon...  car  masser dans la rue est une idée et  les idées n'appartiennent à personne!  Ce ne sont pas des objets, les idées n'existent que l'orsqu'elles ont incarnées... appliquées sur le terrain.

    Il s'agit ensuite de savoir dans quel esprit on applique les idées: une belle idée appliquée dans un "mauvais esprit"  ou encore ce qui est plus courant sans "esprit" du tout!!  va produire des effets indésirables, non controlés et non controlables qui finalement "dénatureront" l'idée.

    Pour donner du sens et agir sur la réalité la pratique sur le terrain est obligatoire!  Se mettre à masser des inconnus sans aucune formation, sans savoir comment un muscle, une articulation fonctionne, est  une absurdité totale... Masser un inconnu sans avoir en tête autre chose que l'idée de "faire un petit revenu de complément " peut mettre le masseur novice dans une situation de "mendicité"  peu agréable à ressentir encore moins  à diffuser ! 

    Malheureusement le Sieur Tchouk qui refuse toute discussion ne "forme" aucunement ses troupes auxquelles il se contente de transmettre son "image" : heureusement beaucoup sont déjà  "masseurs" parmi tous ceux qui ont rencontré l'individu, et ont été séduit par l'idée de masser , d'apporter du Bien Etre aux autres...

    Pour apporter du Bien Etre aux Autres, il ne suffit pas de le DIRE mais il s'agit aussi de le vivre pleinement en travaillant à   être soi même bien dans sa peau et à sinon aimer au moins comprendre les Autres... pour les accepter. Quel meilleur moyen de connaissance de SOI et donc de l'Autre que ce massage "sauvage"? Il renseigne directement l'individu sur la position  juste par rapport à lui et à l'autre:  JUSTE c'est-à-dire que à la fin d'un massage, il ne doit y avaoir aucune douleur chez le masseur aucune gêne, aucune contraction musculaire. 

    Masser l'autre c'est donc aussi nécessairement une occasion d'apprendre à trouver les gestes  justes!      La sanction est immédiate : masser sans conscience sans liberté sans bien être intérieur c'est se fabriquer douleurs diverses et malaises...

     

    à méditer....

     

  • Un monde à réenchanter ....

    Existe-t-il un lien entre le cerveau-matière, objet d'exploration de la science, et les états de conscience ? C’est la question qui hantait les esprits noblement penseurs des deux siècles précédent...et qui traverse de bout en bout l’ouvrage que publie en  1983 Jean Pierre Changeux, « l’homme neuronal »  où il donne un début de réponse en montrant  l’étonnante  plasticité du cerveau: les extraordinaires possibilités combinatoires liées au nombre et à la diversité des connexions du cerveau de l'homme paraissent suffisantes pour expliquer les capacités humaines ...dans la mesure où le nombre de combinaisons possible entre toutes les synapses est de l’ordre de grandeur du nombre de particules chargées positivement dans l’univers !

    dans le fond sans matière grise, il n’y a plus d’esprit… sans le corps: pas de pensée.

    «Je maintiens que le mystère de l'homme est incroyablement diminué  par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l'esprit en termes de simple activité neuronale.» John C. Eccles, Prix Nobel de Médecine

    On peut être prix nobel et complètement idiot par ailleurs ! Car mettre l'accent sur la plasticité du cerveau  ne signifie pas pour autant que Changeux ait REDUIT la pensée aux mécanismes qui la produisent... il a juste dit que le nombre de connexions possible laisse penser que les mêmes mécanismes  producteurs de diversité à l’œuvre dans la nature sont vraisemblablement en toute logique à l’œuvre également dans notre cerveau ... Les lois de la matière s’appliquent à la matière de notre corps aussi !  pardi !

    Ainsi il faut admettre enfin que d’un cerveau apparemment petit et limité peut sortir une pensée apparemment illimitée... !   Regardez simplement comment la nature peut faire tenir une surface immense dans un volume tout petit : un arbre.... ma cage thoracique... mon abdomen: saviez vous que mon intestin grêle fait entre 5 et 8 mêtres de long? je vous laisse imaginer  la surface disponible pour les  échanges intestinaux....

    Changeux a tout simplement permis d’en finir avec  l’idée d’un cerveau constitué de matière organique figée et immuable : il réintègre le mouvement ouf ! On n’en pouvait plus de tant d’incohérence, dire de la vie qu’elle est mouvement et dans le même temps s’accrocher à des archaismes stagnants !

    Le mental et la conscience seraient ainsi le fruit du croisement d’un programme génétique (qui détermine le fonctionnement du cerveau) et d’un environnement (qui détermine ce que l’individu pourra actualiser de ce programme ) Double détermination ! c’est en ce sens qu’il faut repenser le terme de « prédisposition » auparavant pensé comme la réalisation d’un potentiel inscrit tel quel et une fois pour toutes,  dans la matière cérébrale.

    Comment ça marche ? schématiquement ainsi :  le vécu  sous sa forme sensible (perceptions émotions) change la composition chimique du milieu dans lequel baignent les neurones qui fabriquent alors les connexions correspondantes, comme on trace des réseaux  routiers.

    Dès lors que le cerveau s’enrichit d’une connexion, il devient apte à comprendre un peu plus du réel et ainsi de suite de proche en proche . Plus on perçoit plus on peut percevoir…
    C’est ainsi que le  « donné »  biologique   est tout à la fois aidant et limitant, à la façon d’un obstacle qu’on peut transformer en point d’appui . Le moteur le carburant de cette délicate transformation serait la curiosité. Une ressource humaine renouvelable… et à portée de main…

    Ceux qui poussent des hurlements à l’idée qu’on puisse expliquer scientifiquement ce qui faisait mystère jusque là ... (désenchanter le monde )  sont restés  collés à la religion .. dont on connait l'intérêt qu'elle a porté et continue de porter .. à le science!

    ceux là qui poussent les hurlements ne font que résister à l'idée de s’affranchir d’un Dieu paternaliste et autoritaire (créateur de mystère et d’enchantements) ?    Il est plus que temps, frères humains,  de se responsabiliser et prendre en main notre  destin pour réenchanter le Monde à notre manière. S’autonomiser ne demande pas de nier Dieu…, absolument pas ...juste  penser autrement notre rapport à lui: Dieu n'est peut-être pas  extérieur à l'humain et inatteignable mais au contraire  intérieur, ou mieux à cheval entre les deux?

    Et puis, de toutes façons pour grandir il faut en passer par cette période de « désenchantement » du monde…c’est délicat mais nécessaire, comme admettre que le père Noel n’existe pas… nous permet de grandir, sortir de l’enfance, se prendre en main:  l’évolution de l’humanité ne répète t’elle pas l’évolution d’un seul de ses membres ?

     

    Ne penser le corps QUE par l’esprit,  c’est poser, volontairement ou pas , son corps comme extérieur , comme une chose un objet, c’est faire une grosse connerie, c’est se supprimer les moyens de se rapprocher d’une découverte majeure : nous sommes mieux que substance pensante dans un corps,   nous sommes  incarnation pensante.

     

    Les activités corporelles autorisées dans notre bel et savant aujourd’hui, ne font que péréniser tout en la régénérant cette conception « extérieure » de la corporéité, conception forcément restreinte et mutilante. Toute éducation est bâtie sur l’ idée qu’il s’agit de « maitriser » des passions « mauvaises » avec lesquelles nous serions venus au monde, alors que comme je viens de le redire, la science a confirmé il y a plus d’un demi siècle en plus, que nous ne venions au monde avec rien d’autre que la capacité à nous fabriquer !

    Les visions du monde se sont succédées,  les penseurs les plus divers ont réfléchi débattu glosé écrit transformé radicalisé détruit régénéré des idées concepts paradigme sans jamais soulever le couvercle du seul chaudron radicalement radical….   Celui de nos pulsions de notre animalité première celui qui contiendrait toute cette merde de pulsions informes infâmes qu’il faudrait dompter maîtriser sculpter pour se civiliser

    Arrêtons nous un instant sur cette idée

    D’abord je trouve cela un peu couillon d’arriver au monde avec un tas de trucs merdiques .... cela implique d’avoir à faire, d’entrée, un travail de tri sélectif avec une pince à linge sur le nez et des gants renforcés ?

    Ensuite se forger une identité, un sentiment de Soi, à partir de la négation du matériau principal... c’est carrément fou!  Mais c'est dans cette folie que  nous baignons tous pourtant depuis deux mille ans nous autres occidentaux ... à la con !     La frustration, donc la violence comme principe « créateur » : et ben ! il était temps qu’on se rende compte d’une telle absurdité !

    Et encore ... on est assez peu nombreux à s’en rendre compte ! Aldo Naouri ( qui n’est pas le premier con venu, vous conviendrez ! ) donne en 2009 dans un charmant opuscule ce fabuleux conseils aux parents en mal d’autorité : « un enfant a besoin d’être « névrotisé » et pour cela il a besoin avant tout d’être frustré … accoutumé très tôt à la frustration il supportera et respectera l’existence de l’autre  »

    Pardonnez moi de donner un avis très perso sur le coup....mais  l’amour du prochain basé sur la frustration, ça me paraît très très .....con !

    C’est pourquoi à la lumière de tout  ce qui précède, je commence à trouver très sage ma proposition (Ecologie Corporelle et Relationelle soit ECER) de repartir du corps, du rapport sensible avec le monde pour rendre compte de la cognition et repenser la notion d’incarnation : au delà du sens que lui a imprimé la tradition chrétienne encore vivace, s’incarner c’est surtout « incorporer » le Monde en l’invitant à s’inscrire dans la matière « plastique » de nos cerveaux .

    Nous considérons la cognition ni comme la reconstitution d’un monde extérieur déjà donné (réalisme) ni comme la projection d’un monde intérieur (idéalisme) mais comme l’obligation d’activer sans cesse par le mouvement de la Vie ces deux « …ismes ».

    Plus les échanges avec le monde extérieurs sont nombreux et diversifiés plus nous avons l’occasion d’élargir notre conscience en affinant nos perceptions.   Dès lors la vie peut être vécue comme une suite infinie de moments uniques où nous nous « expérimentons »,  avec l’autre, dans l’autre,  pour l’autre,  sans l’autre, mais toujours avec la curiosité d’être ici et maintenant acteur de notre propre existence.

     

    "c'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde... que se noue ma relation avec l'Etre..."

    Merleau Ponty phénoménologie de la perception