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Ecologie Corporelle - Page 4

  • printemps des richesses et proprioception

    Un "Printemps des Richesses"  s’installe à St Ouen du 19 au 27 mars 2010.

    Une semaine de manifestations diverses destinées à faire coïncider les réseaux où l'on s'intéresse à la décroissance, aux nouvelles définitions de la richesse et des biens communs bref un espace temps essentiel pour les militants du changement !

    Plus d’une dizaine d’ateliers (j’en co anime un ) ont été prévus dans un même lieu entre 14h et 17h à Mains d’Oeuvre, et tous importants, et annoncés par des textes remarquables.

    C’est la tête pleine de mots de phrases d’idées formidables, estampillées validées par les plus grandes instances intellectuelles (Edgar Morin supervise l’ensemble) que j’ arrive le samedi après midi 20 mars dans le lieu qui doit servir d’écrin à cette intense expérience de rencontres, promesse de moments exaltants, à l’image des pensées alternatives, sensées, profondes qui animent tous les participants animateurs.

    Et puis .... plouf

    Aucune trace d’excitation, aucun prémice de métamorphose, encore moins de simple convivialité, il n’y rien à manger, la clef de la cuisine a été perdue me répond l’homme derrière le bar.

    Chacun s’affaire à préparer son atelier en ignorant les uns et les autres , 14heures arrivent, mais pas le public qui n’est toujours pas là à 14h 30, heure à laquelle on se rend compte ....qu’on a peut-être trop morcelé éparpillé l’Espace Temps disponible, en oubliant que le « facteur » humain est un phénomène systémique qui donc, ne se laisse pas définir par émiettement !

    Et re-plouf

    Bon il est toujours possible de dire, avec raison: pas si plouf que cela, tellement de choses essentielles ont été dites ! Certes.

    Dites, pensées, écrites et on s’en congratule entre gens du cénacle... mais quid des Autres... sur le terrain? Les  « ceux » qui sont pas du cénacle   et pourtant très nombreux agents de la transformation que nous peinons tant à actualiser...

    Dire, écrire, dénoncer ne suffit plus ! Même Edgar s’est empêtré dans les « il faudrait » avec un début de lassitude dans la voix bien compréhensible.

    Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe à présent c'est de le transformer. (et maintenant ça urge ) Marx

    Nous en avons tous conscience et pourtant .... plouf quand même ! Le système nous aurait il piégé de l’intérieur .. que même en réfléchissant beaucoup, longtemps, nous n’arrivions pas à trouver le moyen de le faire bouger d’un iota ?

    Oui. Moi je dis oui nous sommes piégés de l’intérieur. Et j’en ai la preuve.

    Mais la démonstration n’est pas encore aisée à faire, ni à suivre !

    (ce qui explique d’ailleurs que ceux qui tiennent la pensée aujourd’hui, des universitaires mâles à quelques exceptions près (pour les universitaires) continuent à passer allègrement à côté) Mais je ne suis plus universitaire et encore moins mâle.....alors je me lance.

    De la même façon qu’il y a des trous noirs dans l’univers, il y a des failles dans la façon dont la pensée humaine s’est structurée.          Continuer à croire que, pour inventer du nouveau c’est-à-dire faire le saut périlleux il suffit de dire avec conviction : allez y, faites ! dénote une profonde méconnaissance des processus de création du Réel.   Il est important de noter cela dans la mesure où l’on croit qu’il y a un réel préexistant et que c’est avec ce réel que les luttes sociales doivent réussir à fonctionner alors qu’en vérité c’est leur capacité à créer le cadre même de ce qui nous permet de penser qui fait la force des luttes.

    Même avec la tête pleine des idées les plus révolutionnaires, nous ne changerons rien à ce qui est en train de se passer autour de nous parce que nous n’avons pas développé l’outil - corpus conceptuel- nécessaire... Des idées restent des idées, immatérielles, inconsistantes, mêmes sublimement belles.... des idées restent des idées dans l’attente d’un substrat matériel qu’elles puissent féconder. Féconder j’ai bien écrit féconder, car c’est de cela dont il s’agit en effet, de fécondation, tout ce qu’il y a de plus banal dans l’univers macro et micro, mais qu’à notre niveau nous n’avons toujours pas commencé à « activer ». D’abord parce qu’on ne savait pas qu’il fallait l’activer, et maintenant on ne sait pas où aller chercher les mécanismes d’activation, et encore moins à quoi ils ressemblent !

    Pas de panique. On va reprendre méthodiquement.

    Existe t’il un lieu où les hommes n’ont pas été beaucoup fouiner ? Oui, le corps !.... Vues les manœuvres toujours plus perverses et sournoises avec lesquelles notre civilisation nous en éloigne.....ça ne m’étonnerait pas qu’en effet il y ait, cachée là, une clef précieuse !

    Après tout l’être humain manifeste sa présence au monde par un CORPS, site quotidien de l’existence, donc lieu fondateur.

    Il s’agirait donc de réviser simplement tout ce qui se passe dans le corps physique. Non, parce que la clé se trouve dans un corps différent de celui que nous nous sommes construit en milieu capitaliste ! Allons bon !

    « .......ce corps n’est qu’une coquille vide, désormais réduit à une peau, simple surface d’inscription des injonctions normatives de l’idéologie consumériste libérale, un corps intellectualisé, un pur body dans l’univers des grandes surfaces , mac Do, Dysneyland et autres centres de divertissement. (JM Brohm le corps analyseur)

    Comment cela est-il possible ?

    L’humain est d’abord (et simultanément) un corps puisque la modalité abstraite de l’expression humaine (la pensée/langage) émerge de la mise en place musculaire et articulaire de sa modalité concrête : le mouvement (sensori motricité).

    Cela revient à essayer  de comprendre comment la société nous façonne au quotidien pour que notre individualité (nos paroles nos gestes nos habitudes) corresponde à la représentation binaire et hiérarchique qui sert de cadre de pensée imposé ! Le terme façonner implique bien une matière ... ! Certes un esprit pur et propre, c’est tellement plus « chic » que la merde et le sang : mais voilà, il y a corps, le corps EST , il est même. « ...... ce qui organise pour moi le Monde » (JM Brohm)

    Nous arrivons ici, doucement, à l’idée force d’inscription corporelle du monde : le monde s’inscrit en nous dans le mouvement même que nous faisons pour nous construire à partir de lui. Moi et le Monde sommes liés dans ce même mouvement de définition coextensif

    Où... mieux qu’en nous mêmes peut on commencer à traquer ce mouvement interactif?

    Il s’agirait donc à présent de tourner nos regards, à la fois tous ensemble mais chacun pour soi, vers cette « inscription corporelle » : parce que pour le coup, un corps... nous en avons tous un ... !

    Les premières connaissances sur le cosmos ont été péniblement rassemblées par des observateurs patients qui tendaient leurs yeux et leurs oreilles vers l’extérieur du monde . Il serait bon, maintenant que nous avons à peu près identifié notre position dans l’univers, de tourner nos sens vers l’intérieur, dans la cuisine où le Réel mijote avec l’Humain.  Maintenant que nous savons que le Réel et Nous sommes étroitement liés dans un rapport quantique et chaotique, nous pouvons admettre cette étrange simultanéité : nous faisons partie du monde qui fait partie de nous .  Alors seulement quand on a ressenti ce lien essentiellement étrange entre le monde et Soi, l’imposture saute aux « yeux » :   car au moment de tourner nos regards vers l’intérieur de nous, nous nous rendons compte que nous ne sentons de nous que ce qu’il est utile socialement d’en sentir. C’est-à-dire que ce que le collectif nous autorise à en sentir pour nous définir selon les normes admises.

    Et nous sentons bien que ça n’est pas suffisant ....qu’il manque quelque chose, que ce monde que nous construisons n’est pas au point, que nous, qui nous sommes construit en même temps que le monde, ne le sommes pas plus.... D’où , sans doute nos élans irraisonnés vers un ailleurs utopisé....et la violence qui naît de la rage de se sentir manquants ou non achevés... !

    Pour scruter le ciel, nous avons nos yeux et tout ce que l’intelligence humaine a inventé pour les prolonger, les améliorer, les rendre plus efficaces.... Et c’est prodigieux ce que l’espèce humaine peut inventer quand elle s’y autorise !!

    Mais pour scruter l’intérieur de l’individu, qu’avons nous ? Les yeux, les oreilles  sont des sens extéroceptifs....donc de fait inadéquats pour sonder l’ « intériorité » ?

    A partir de là il y deux grandes catégories de réaction : la première,  celle des gens de Pouvoir et « des » qu’aiment bien l’ordre établi, (la majorité), qu’on peut formuler ainsi :

    « nos sens sont inadéquats et bien ça veut dire qu’on fait tout aussi bien de continuer comme on a commencé, à bas le changement, on laisse le « dedans » caché, c’est privé, et on continue à regarder dehors, encore plus loin... » Au risque de se perdre dans le monde des apparences ..!

    Et en effet tout est bâti aujourd’hui sur la vue, sens dominant , nos corps sont « pensés » de l’extérieur, structurés par le regard de l’autre, offrant ainsi, en tant qu’objets (passif) , une prise magnifique à l’ économie de marché. L’image que nous avons de nous-mêmes n'est  qu’une image photographique prise depuis l’extérieur dominant, insuffisante pour nous constituer sujet (actif) !

    La deuxième catégorie de réactions est celle des curieux qui se sont bien aperçus que les sens extéroceptifs sont insuffisants mais qui n’en restent pas là :   « ...  maintenant que nous avons tous constaté l’extraordinaire efficience de la nature, une telle insuffisance.....  de « sens » sonne trop absurde ! »    Et ils s’en vont déterrer de leur bibliothèque d’énormes ouvrages austères de « Morphologie anatomie, physiologie animale » qu’ils s’empressent de feuilleter en tous sens.....

    Il existe bien une sensibilité profonde, interne, la sensibilité proprioceptive !

    Elle repose sur des capteurs sensoriels nombreux, nichés dans les fibres musculaires et les tendons près des articulations avec ses circuits propres : il y a des capteurs et des circuits, il s’agit bien d’un sens ! le sixième !

    Mais pourquoi nous enseigne t’on que nous n’avons que cinq sens ?

    Proprioception: ( Grand Larousse de la langue Française en 7 volumes)  nom féminin singulier:   1) activité de la sensibilité proprioceptive ; résultat de cette activité.     2)perception de soi-même, c’est à dire de la position des différents membres et de leur tonus, en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre.

    Les organes réactionnels de la vie de relation : muscles, tendons, os, articulations, possèdent une innervation sensitive propre. Les récepteurs de cette sensibilité (fuseau neuromusculaire et organes neuro-tendineux) sont appellés éléments proprioceptifs car ils réagissent non pas à une excitation venant de l'extérieur (comme les éléments extérocepteurs des cinq sens) mais à une excitation provenant de l'organe lui-même. C’est donc une sensibilité très profonde du corps à lui-même. Les influx nerveux qui y naissent apportent aux centres du névraxe, des renseignements perçus ou non par la conscience, sur le degré de tonus ou de contraction des muscles et sur les positions relatives des différents segments du corps (sens des attitudes).

    ( Sources : Georges Bresse, Morphologie et physiologie animale à l’usage des étudiants publié chez Larousse dans les années 70)

    Impossible d'exécuter le moindre MOUVEMENT, quotidien, de gymnastique ou de danse sans nos cinq sens ET ce contrôle proprioceptif (systématiquement couplé au sens labyrinthique de l'équilibre...ainsi qu’à d’autres récepteurs sous la peau sensibles aux pressions).

    Etablissons une comparaison superficielle avec des systèmes mécaniques complexes pour mettre en évidence le rôle des éléments proprioceptifs dans la construction de l’individu:

    Il n’est pas possible de concevoir une machine-outil à contrôle numérique de haute précision, ou un robot moderne, en se basant seulement sur des organes mécaniques de haute qualité, télécommandés par un ordinateur central doté d’un logiciel sophistiqué.

    La machine-outil ou le robot pour accomplir correctement sa fonction a besoin d’être équipée de récepteurs « proprioceptifs » : capteurs de dimensions, distances, angles, vitesses, forces.... qui permettent à l’ordinateur central de connaître en temps réel l’état interne des organes mécaniques, leur position relative exacte et leur position par rapport au monde extérieur.

    Le contrôle permanent de la situation réelle de la machine permet à l’ordinateur d’adapter le programme pour que le résultat des opérations corresponde à l’attente.

    Le corps humain, beaucoup plus complexe qu’une machine-outil nécessite aussi l’élaboration en continu par le cerveau des signaux fournis par les nombreux récepteurs disséminés dans tout le corps. Ces capteurs (ou récepteurs) sont des éléments du système proprioceptif et des organes des sens. La précision de ces signaux permet au cerveau d’adapter les programmes mémorisés pour garantir la stabilité posturale ou l’exécution correcte d’un mouvement volontaire ou automatique. Au contraire, des signaux défaillants peuvent entraîner une instabilité posturale avec entre autres l’augmentation de risques de chutes, l’exécution incorrecte d’un mouvement, ou l’apparition de mouvements non désirés comme des dyscinésies, des oscillations ou le tremblement.

    Ca c’est le constat mécanique : s’il y a défaut les réponses motrices (régulation automatique) seront altérées.   Maintenant faisons le constat sensible (et les déductions qui s’imposent) : l’existence d’une telle sensibilité profonde  permet à l’individu de se sentir EXISTER de l’intérieur ! Cette sensibilité joue nécessairement un rôle décisif dans la construction du sujet autonome chez le nouveau-né, car elle lui permet de se différencier de sa mère (et du monde) en ressentant conjointement sa propre intériorité et ses contours.

    Les sens extéroceptifs bombardent le cortex en permanence avec des informations dans lesquelles l'humain se noierait  s’il n’avait pas le moyen de se sentir un TOUT fini. C’est-à-dire s’il n’avait aucune sensation intérieure de lui-même. Il se confondrait alors avec le monde ... se bornant à se prendre pour un chaudron de sensations, et jamais il ne « penserait » car il serait incapable de raisonner, pour raisonner, en effet, il faut abstraire et pour abstraire il faut posséder le moyen d’organiser, trier classer les informations qui viennent du dehors comme étant différentes  de celles qui viennent du dedans. Autrement dit la proprioception permet l'intégration des cinq sens, pour la construction du sens ! l'intelligence émerge bien de la mise en jeu sensori motrice ....

    Sans dedans pas de dehors..... sans individu pas de Monde !

    C’est pourquoi le traitement de la proprioception est en grande partie automatisé, (tonus musculaire et muscles de la vie neurovégétative : mouvements de l’intestin, du cœur..) assurant ainsi le minimum vital permettant au bébé humain de s’individualiser pour pouvoir « penser » ! (1) (voir notes fin de document)

    Deux autres déductions :

    *Une sensibilité interne bien développée est la condition sine qua non pour « comprendre » l’Altérité : le même et l’autre ! on ne peut définir l’autre que selon ce que nous avons défini de nous même. L’empathie apparaît comme émergeant d’une bonne intégration proprioceptive.

    *Le tonus musculaire est aussi le substrat qui permet l’inscription des « intentions » : par exemple une mère qui touche son bébé souvent, qui le masse, facilite ainsi le ressenti du contour propre de l’enfant, donc du processus d’individualisation, (donc de l’acquisition de la pensée !) mais encore faut-il qu’elle le touche animée d’une intention autre que la « possession » qui, alors, freinerait tout le processus... : voilà un aperçu de la complexité du phénomène humain ! (2)

    Maintenant, il est plus facile de comprendre comment une civilisation bâtie sur la négation du corps a pu maintenir l’humain dans l’incapacité à s’autonomiser : il faut se sentir fini, pour avoir une idée de soi opérante, c’est-à-dire agissante !

    « ....Je suis de la merde, mon Dieu que vous êtes grand, plus grand que moi, je vous vénère ici et maintenant et vous laisse faire de moi ce qu’il vous plaira ! » Le « péché de chair » symbolise un refus d’incarnation ! refus d’ETRE CREE !   Le refus d’être créé entraine  logiquement l’incapacité à créer à son tour....

    L’humain, incomplètement défini à partir d’un corps dénigré, va se ruer sur la pratique de la « pensée » , virtualité qu’il développera à l’infini sans se préoccuper de son environnement naturel ...(3)

    On cherchait au départ comment le système pouvait nous piéger DE L’INTERIEUR... voilà ! Nous avons une belle piste de réponse à présent : en nous déconnectant de notre sensibilité profonde , en nous poussant à déserter nos corps : ainsi n’importe qui peut piloter à notre place . Déconnecté du corps nous accepterons beaucoup plus facilement ... la douleur !

    La première étape pour soumettre un individu est bel et bien l’ acceptation de la douleur comme nécessaire !

    Avec une conscience de soi normale (qui inclut l’intégrité corporelle) personne ne peut accepter de travailler à la chaîne dans des conditions atroces pour faire gagner des sous à un autre !!! .. L’idée même de structurer ainsi le monde ne surgirait dans aucun esprit-corps, si chacun de nous avait la possibilité à tout instant de ressentir  de l'intérieur, profondément,  l’adéquation des ses actes à l’environnement (non pas en bien ou en mal mais en terme d’utilité....d’adaptation).

    Nous avons donc bati un monde entier sur la négation (ignorance) de la sensiblité profonde, donc sur la douleur obligatoire et nécessaire ! La douleur comme trophée, la douleur comme signe d’effort, la douleur comme tribut à payer  !  Nous avons commencé par vivre notre extraordinaire aventure dans une civilisation mortifère, une civilisation de peur, de douleur, de mort ... qui ne peut, fonctionnant dans l’aléatoire, l’absurdité, l’incohérence,  produire que de la  violence en quantité toujours plus grande!

    Il faut en effet beaucoup plus de stimuli pour se « sentir exister » dans un monde où l’on n’a pas eu l’occasion de se vivre en entier, bel et bien incarné ! donc de se dé-finir autrement que au détriment de , en négatif donc  : la violence y est nécessaire pour produire des ressentis , les douleurs fortes ravivent le lien essentiel de l’individu à lui-même, (ainsi se justifient l’utilisation de la drogue, les jeux violents, les scarifications etc.. .... )

    Ne soyons pas pessimistes pour autant ! On peut toujours changer, rattraper , corriger, agir...et transformer, maintenant que nous connaissons un peu mieux les arcanes de l’emprise du social sur nos « coprsesprit » .

    Redécouvrir la proprioception et tout ce que le Monde et Moi-même devons à la sensori motricité a été un formidable électroc choc pour moi, ex professeur d’Education Physique (il n’y a pas de hasard) ex athlète, danseuse et pratiquante d’à peu près tout aujourd’hui !

    Maintenant je travaille avec quelques collègues mais prioritairement (douloureusement parfois) seule, tous les jours à bord de mon labo ambulant, mon « moi-même » aux prises avec le quotidien ici et maintenant pour élaborer une « gymnastique » qui rende à chacun les moyens de se reconnecter avec sa sensibilité profonde...

    Cela passe par la déconstruction des énormes préjugés quant à la manière d’ETRE son corps au quotidien.

    Ces préjugés agissent comme des nœuds calcifiés qui résistent très fort à l’intérieur de soi....et pour cause: ils ont servis de poutre maîtresse pour sa propre construction.... il y a donc dans tout travail individuel de déconstruction, de sérieux risques d’écroulement : voilà pourquoi ce travail individuel ne peut se faire sans collectif solide (convivialité) de façon à ce que les piliers des uns soutiennent la charpente des autres, le temps de nettoyer reconstruire...

    Faire des liens et constituer un réseau solide est donc un préalable nécessaire.

    Reste alors à apprendre à se servir des occasions quotidiennes que la vie nous offre pour travailler à observer patiemment notre intérieur afin de discerner comment et où le « système » nous piège .... !

    par exemple, nous savons bien qu’être raciste , c’est pas beau ! Mais être raciste cela veut dire quoi en terme d’incarnation ? (et pas en discussion interminables !) Imaginons que je n’en aie jamais vus, et que je croise une bande de punk aux cheveux rouges et bleu, défigurés par des anneaux de ferrailles ou autres symboles scarifiant divers, qu’est-ce qui se passe en moi ? Je peux ressentir (maintenant que j’ai découvert la vérité sur mon fonctionnement « profond » et à force d’entrainement ) la confrontation entre les valeurs que j’ai incorporées (valeurs esthétiques) et ce que mes yeux me renvoient comme image : où je vais classer ce truc ? quels liens ai-je (ou ce sont ) noués surtout entre mes émotions, sentiments et ces images?

    A cette question des liens je ne peux répondre  qu'en m’observant ressentir : je m’observe avoir peur ! Tiens, c’est de la peur que j’ai identifié, et qui ressort de cette image! ... Ensuite j’applique mon raisonnement tranquillement chez moi à cette expérience sensible nouvelle reçue dans la journée... et quand je recroiserai ces jeunes... une seconde, une troisième fois, je serai peut-être capable de maitriser ma peur pour aller leur parler et approfondir mon expérience : s’ils me lattent à coup de rasoir, ok... je renforcerai dans mon cortex le lien préétabli avec lequel je ne pouvais m’empêcher de les « appréhender », s’ils me répondent simplement en m’expliquant à quoi correspond leur attitude extérieure , alors j’aurais dénoué moi-même un préjugé et surtout j’aurais enrichi ma conscience d’une expérience...qui l’aura agrandie !

    réflexions complémentaires à propros d'IDENTITE:   J'aurai par ailleurs validé leur existence par le simple fait de leur adresser la parole,  à eux qui se vivent comme on les "photographie" : exclus hors norme..etc... Les regarder droit, leur parler suffit à les autoriser  implicitement  à ETRE ce quils sont au moment où je leur parle... Aujourd'hui les individus les plus mal lotis, les moins bien définis ont juste besoin d'un regard extérieur qui ne les prive pas de leur existence, c'est-à-dire un regard sans jugement, un regard curieux.....Certes il faut ne pas se sentir menacé pour pouvoir être curieux, il faut surtout pouvoir se sentir tout court!  Nous sommes tous en mal de DEFINITION....! (Le débat actuel sur l'identité nationale gagnerait beaucoup en intégrant... la proprioception!!)

    Notre simple présence sur Terre, au milieu d’autres humains est porteuse de transformation, tous les jours nous faisons des rencontres, des choses nous arrivent , bonnes ou mauvaises certes, mais si nous changeons nos points de vue, en nous positionnant par rapport à nous mêmes et au monde un tout petit peu différemment , ces choses ne seront plus vues comme bonnes ou mauvaises mais comme occasions ludiques de s’agrandir ! De s’enrichir ...

    Cet enrichissement là est le seul, à mon sens , qui puisse nous sortir de la merde actuelle !

    Marie Talon

    _____________

    Notes

    (1) C’est ainsi que l’on peut dire que la pensée est « donnée » dans ces automatismes qu’il suffira de « reprendre » activement, ils sont en quelque sorte les moules pour continuer de se créer. Nous naissons bien directement et irrémédiablement humain, avec cette possibilité de penser inscrite non seulement dans l’architecture musculo tendineuse, mais aussi dans le milieu environnant : nous sommes pensés par nos parents, les médecins et sages femmes etc.. avant même d’exister !

    (2) Or la « narration dominante » fonctionne sur cette idée que l’enfant appartient en privé à la mère... qui serait la seule à savoir de manière innée, comment la construction de l’humain s’articule !!

    Cela évite à la société, c’est-à-dire aux autres humains de s’en occuper, ainsi ils ont le temps de peaufiner la chaîne de production des automobiles ou autres produits de consommation!

    (3) je considère alors le corps comme le premier environnement de l’humain, qui se comporte de la même manière en tant que groupe vis à vis de la nature, qu’en tant qu’individu vis à vis de son corps.

  • processus d'émerveillement

    Mais bon sang mais c'est bien sûr!

    Une cellule nerveuse est constituée d'un corps étoilé et d'une grande queue au bout de laquelle les dendrites se ramifient en petits filaments qui vont se connecter avec les filaments des cellules voisines, le lieu de connexion proprement dite est appelée synapse.      Le  nombre de connexions « possible »  est  infini.... !

    Dire qu'une cellule nerveuse produit la pensée peut être exact, mais il est surtout exact, depuis peu, de dire  que la pensée crée des cellules nerveuses, (ou plus précisément des filaments de dendrite ! )     En effet les dendrites se multiplient tout au long de la vie au fur et à mesure que l'on utilise sa pensée et que l'on fait des liens entre les « choses »,  entre les gens.

    C'est donc la pratique de  la pensée et l'habitude d'être mentalement actif  qui crée  renforce augmente développe les moyens de  penser toujours plus fort plus vite plus loin .... (et  d'avoir une chance de visiter les zones  inconnues, celles qui se situent au delà ou en deçà des évidences.)   Plus les "choses" et les gens qu'on croise dans la vie sont Divers, Autres et Différents, plus on est amenés  à étoffer nos dendrites sur le champ synaptique, qui s'enrichit alors de nouvelles possibilités de compréhension. Bref, plus on connait de gens, plus on est intelligent ! (il serait temps de reconsidérer la richesse nous dit Patrick Viveret Richesse_rapportViveret.pdf )

    Ce processus extraordinaire est la découverte décisive des ces dernières années, décisive car elle va servir de clefs pour traverser la couche de préjugés, de connerie et d'erreurs  dans lesquelles nous étions en train de nous asphyxier !  Quand on y réfléchit un peu plus intensément on tombe rapidement sur une autre  nouvelle évidence:  nous serions donc équipés d'un processus créateur d'adaptation qui fait de nous des créateurs et des acteurs de notre propre adaptation!

    ben oui, si on a le processus c'est pas pour faire joli  mais pour s'en servir !

    Programmer des nombres et des quantités DEFINIES à l'avance.... c'est absurde quand on peut programmer la possibilité de fabriquer le nombre en fonction des besoins rencontrés dans l'exercice de la fonction VIE...

    Programmés pour nous finir nous mêmes : voilà ce que nous sommes, et voilà pourquoi  nous naissons complètement infinis.

    Les médecins de la maternité, nos parents, grands parents amis et ennemis , et  le groupe dans lequel ils vivent  sont chargés de nous finir...Bon jusque là ils ont fait ce qu'ils ont pu avec les moyens du bord, mais ne sachant encore que peu de choses (sur eux mêmes surtout) ils ont pu peu.... Ils ne pouvaient nous aider à construire que ce qu'ils pouvaient imaginer possible... déjà existant... ou surtout autorisé!

    C'est ainsi que nous sommes dans une merde gigantesque (mais pas infinie!) faute d'avoir su activer les processus fondamentaux que nous ressentions avoir mais que  nous ne pouvions nommer    donc encore moins utiliser  à cause de préjugés divers....

    Autrement dit ça fait des milliers d'années qu'on dégoise pis que pendre sur les fonctions « bassement » matérielles qui sous tendent la pensée, qu'on crache avec un rictus de mépris sur le corps et ses a côté en  croyant avoir l'air plus intelligent et voilà que des chercheurs en série découvrent que c'est pile le contraire, aujourd'hui être intelligent c'est discerner les processus qui lient les « choses » ensemble, corps esprit environnement, et qui  réintégrent la chair, le sang et les dendrites dans  l'exercice de l'EXISTENCE sur terre !

     

  • tout réviser

    Le corps, le nôtre et celui des Autres,  constitue le premier environnement, et modélise tous nos rapports au Monde : une écologie du corps, de l'action et des relations pris au sens de gestion équilibrée des ressources énergétiques personnelles nous semble donc indispensable en ces temps de révolution générale !!

    l'attitude écologique est la seule attitude viable aujourd'hui qui prend  en compte non plus des résultats, des objets, mais l'enchevêtrement complexe  des rapports qui conduisent à ces résultats.

    Emietté dans l'AVOIR , le Corps perd sens , il perd ce que les sens lui apportent dans l'ici et maintenant , et l'humain perd son essence unique , son ETRE  dans ce (g)lissement mouvementé.

    Cependant  je suis toujours du même côté de mon corps:   Ce qui rend nécessaire l'échange avec l'Autre .