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sport compétition performance corps

  • le corps à trop rude épreuve

    Corps et  sport de compétition

    Usés avant l’age, brisés, accidentés, les sportifs de haut niveau paient parfois très cher le prix de la compétition

    Ils ont connu la gloire et les podium, mais une fois « retirés » , leur corps paie très cher la course éperdue à la performance. Si depuis quelques années le milieu sportif se montre de plus en plus prolixe sur le problème du dopage, il perd subitement sa langue quand il s’agit des méfaits de la pratique elle-même… Les médecins fédéraux rétorquent en chœur que la sédentarité est bien plus dangereuse que le sport de haut niveau.

    Glorification de l’effort….. culte du corps… sanctification de la courbature ? et pourquoi au juste : pour des valeurs de partage, pour l’esprit d’équipe (partage de la haine et du mépris pour le perdant… ?

    ITV Libération lundi 27 novembre 2007

    Véronique Renties 40 ans               championne de France d’athlétisme 800 et 1500m en 1979 et 1980

    « je témoigne pour rendre service au sport. Je suis allée trop loin trop tôt.  Je souffre aujourd’hui d’une arthrose circulaire au niveau des lombaires qui me limite considérablement dans mes mouvements. Je me sens comme les mamies qui ne peuvent plus se baisser pour ramasser quelque chose, ni même mettre leur chaussettes…

    A 40 ans, professeur d’EPS, Véronique jette un regard lucide sur sa souffrance. Elle a été une championne précoce, dans toutes les catégories jeunes, un exploit.

    « Quand on est jeune, on n’y pense pas on ne peut pas se rendre compte, on fonce on est content d’être applaudi, valorisé… on veut gagner ! En plus à l’époque je courais juste pour avoir mon nom dans le journal et épater les copains, même pas pour de l’argent. Maintenant que j’ai vieilli et mûri ça me gêne considérablement de me rendre compte qu’on m’a laissé gâcher ce que nous avons de plus précieux, le seul bien qui nous appartienne en propre : le corps ! »

    Olivier Allamand  30 ans ,         ski de bosses vice champion olympique en 1992

    "le simple fait de prolonger la station debout me fatigue, si c’était à refaire je ferais différemment !  je souffre aujourd’hui d’arthrose au genou droit, je ne peux pas courir, je peux juste faire un peu de vélo d’appartement, encore faut il qu’il ne fasse pas trop humide ! Exactement comme un vieux, voilà comment je me sens alors que je n’ai que 30 ans !! »

    Retour en arrière : en 1992 après sa deuxième place derrière Grospiron, Olivier Allamand se pête les ligaments croisés du genou. Normalement on opère mais Olivier ne pouvait pas se le permettre disait-il, avec une musculation adaptée et un bon programme physique il continue deux ans les courses de compétition .

    Il plaque tout après une sixième place aux jeux de Lillhammer et trop de souffrance .. « le sport de compétition au départ je le faisais pour le plaisir.. »

    Aujourd’hui il a une prothèse.

    « je vis avec la blessure fait partie du contrat, car le sportif de haut niveau ne doit penser qu’à sa performance et non pas gérer les soucis physiques »

    Joëlle Debrouwers  49 ans    huit fois championne de cross

    Joëlle a vu sa vie bouleversée par un accident : au championnat d’Angers, à 34 ans , elle aurait du remporter son neuvième titre, mais elle avait à peine fait 100 mètres que quelqu’un lui fait un croche pied, elle tombe, tout le monde la piétine, elle ne s’en relèvera pas ..

    Rupture des ischio-jambiers .

    C’est le début d’un long calvaire. Les médecins ne l’ont pas opérée tout de suite, ils n’ont pas fait les analyses suffisantes.

    « En 1991, cinq ans après , on a du m’ ouvrir de la fesse jusqu’au mollet pour nettoyer le nerf sciatique sur lequel se collaient les muscles morts »

    Joëlle quitte alors définitivement les podium pour le fauteuil roulant, elle se sent de plus totalement abandonnée : « je pensais faire partie de la grande famille de l’athlétisme, mais personne ne s’est jamais inquiété de moi, il y a quelques années encore j’étais très en colère, maintenant cela ne sert plus à rien. Je ferais beaucoup mieux d’accepter ma vie en fauteuil roulant .. »

    Bertrand Damaisin 31 ans   médaille de bronze Judo aux JO de 1992, champion de France 94 et 97

    Il s’en amuse .. d’être à la limite de creuser le trou de la sécu à lui tout seul.

    Des médailles en pagaille mais depuis 1995, six opérations : trois à l’épaule trois aux genoux .

    Il soigne son épaule après la première luxation avec des méthodes très personnelles, héritées de la philosophie de ses entraineurs , à la Rocky : 800 pompes par jour pendant 6 mois .

    L’épaule finit par lâcher.

    A 31 ans Bertrand ne se fait plus d’illusions sur sa forme physique. Les rhumatismes au dos aux cervicales et aux genoux lui semblent inéluctables…

     Et pourquoi ne pas se décider à gérer autrement cet esprit de compétition , par exemple en devenant champion de la conservation de son corps en bon état le plus longtemps possible, ce qui serait pour le coup bien plus cohérent avec … le développement durable?

    « Le gagnant est Madame Trucque 87 ans qui réussit à mettre le bout de ses doigt devant ses pieds sans plier ses genoux et sans crier, et Monsieur Machin 94 ans qui monte les 157 marches des escaliers de Montmartre deux fois par jour toujours aussi rapidement depuis 35 ans… »